Dominique Baert : "Trouver des économies et des partenariats, les priorités d'un maire"

Avec la perte de ses grandes usines, Wattrelos aurait pu devenir une ville-dortoir. La ville mise désormais sur l’avenir. Explication avec son maire, Dominique Baert.

25/03/2016 à 09:13 par Anne-Sophie Hourdeaux

Dominique Baert est maire de Wattrelos depuis 2000.
Dominique Baert est maire de Wattrelos depuis 2000.

Comment définir Wattrelos ?
C’est la ville de mon coeur ! Elle a une double caractéristique : elle est marquée par la frontière et par le travail. Personnellement, je dois mon existence à la frontière puisque mon grand-père est venu d’Ariège pour y être douanier ! Jusque 1993, cette frontière fut un frein, un couperet. Wattrelos fut une terre de labeurs, d’abord dans l’agriculture, avec jusque 150 fermes. Puis, les industries chimiques et textiles se sont implantées. Tout s’est écroulé entre 1999 et 2004 : le Sartel, les Peignages Amédée, la Lainière, la filature Saint Liévin ont fermé peu à peu. Aujourd’hui, le tissu économique est à reconstruire.

Quels sont les grands projets de la ville pour les années à venir ?
La frontière n’est plus un frein : il faut désormais raccorder la ville aux réseaux autoroutiers belges. L’ouverture de parcs d’attractivité économique se poursuit, avec la création d’entreprises et de commerces. Aussi, la qualité de vie est une priorité, avec la rénovation et la construction de logements. Nous nous sommes engagés à créer 1 000 logements en 6 ans ; 250 sont déjà construits. Le dossier de la rénovation du centre-ville commencera cette année. Côté route, nous sommes en train de réaliser la liaison Tourcoing-quartier de Beaulieu.

Je suis « le maire des friches » !

Comment envisagez-vous le développement économique ?
Même si cela ne rattrape pas le nombre de perte d’emplois du textile, nous avons créé 70 hectares d’entreprises et des commerces nouveaux, sur la zone du Beck, du Winhoute, de l’Avelin… De plus, Wattrelos compte un grand nombre de friches industrielles, en tout 90 hectares. Je suis « le maire des friches » ! Une partie de la filature Saint Liévin, fermée en 2004, est en train d’être requalifiée en logements. D’autres, comme la Lainière, sont en cours de destruction. Cela coûte plusieurs millions d’euros, mais c’est indispensable avant de penser à attirer des entreprises. Et bonne nouvelle : un nouveau Lidl se construit aux Couteaux.

Quel est le rôle d’un maire aujourd’hui ?
Son premier travail : rechercher les économies et les partenaires.

Dans une époque de baisse de dotations de l’État, comment équilibrer le budget ?
Les dotations baissent d’un million d’euros par an sur 3 ans. Mais je ne veux ni augmenter les impôts, ni le prix des cantines et des TAP (périscolaires). J’ai augmenté les bourses d’enseignement supérieur, je veux que les jeunes de Wattrelos réussissent. Il faut se sortir du déterminisme social ! Alors, il me faut trouver des partenaires : la MEL, l’État, le conseil départemental cofinancent nos projets. Aussi, nos équipes sont formidables et donnent beaucoup. Des départs ne sont pas remplacés ; on accentue la mutualisation entre services.

Que déciderez-vous en 2017 lorsque la loi sur le non-cumul des mandats sera appliquée ? Maire ou député ?
Même si je suis très attaché à mon parti (PS) et à François Hollande, je n’ai pas voté la loi sur le cumul des mandats car je pense qu’elle est une erreur. Sans ma fonction de député, une ville comme Wattrelos n’aurait jamais été reconnue au niveau national. Avoir un mandat parlementaire m’a ouvert les portes pour ma ville ! Demain, avec cette loi, on empêchera un parlementaire d’avoir un ancrage local. Personnellement, je n’ai pas encore fait mon choix, mais il sera un crève-coeur. Car je sais ce que le mandat de député donne comme force ; et ce que le mandat de maire donne comme bon sens…

Vous avez eu un très grave accident de la route en juin 2015. En quoi cela a changé votre vie ?
Amputé du pied dans l’urgence, j’ai failli ne pas m’en sortir. Mais je n’ai pas le droit de me plaindre. J’ai une volonté à toute épreuve ! J’étais déjà un combatif avant, bosseur aussi. Cela s’est accentué. Les médecins me donnaient un an pour m’en remettre et sortir de l’hôpital. J’ai mis 3 mois à remarcher. Je ne veux plus me laisser embêter avec des peccadilles. Les débats stériles m’ennuient. Les choses simples deviennent des plaisirs incroyables. Les détails m’insupportent, je veux désormais aller à l’essentiel. Car j’aime la vie…

Damien Castelain, président de la MEL (Métropole européenne de Lille), a annoncé lors des voeux 2016 la future arrivée du tramway à Wattrelos. Qu’en est-il ?
Cela se fera un jour, tout comme le métro. Mais ce sera très long, nous avons d’autres chantiers…

En savoir plus : voir le site internet de la ville

Localité(s) :
59150 Wattrelos

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